La Sophrologie sociale

La Sophrologie est née en Espagne en 1960.

CaycedoEn 1958 à Madrid, un jeune médecin Colombien d’origine espagnole : Alfonso Caycédo, spécialisé en neuropsychiatrie, pratique alors l’hypnose.

Passionné par l’étude de la conscience humaine, il cherche une nouvelle terminologie et propose que le terme hypnose soit remplacé par celui de « Sophropsyché » déjà employé par certains chercheurs pour désigner un « système qui règle la vie affective éliminant les réactions préjudiciables qui gênent la bonne marche des processus intellectuels » ou encore « une espèce de supra-structure de la personnalité où les processus psychiques sont expérimentés de façon démontrée ».

Voulant rompre avec la tradition, il va finalement créer un terme nouveau, la « Sophrologie« . L’objectif de Caycédo est de créer une véritable école scientifique de la conscience humaine qui inventorie tous les procédés ayant une influence sur la conscience , une école regroupant non seulement les phénomènes appelés hypnotiques, mais aussi les  techniques de relaxation : entraînement autogène de Schultz*, techniques de Jacobson* etc…Caycédo part en Suisse, devient l’assistant de Ludwig Binswanger, grand psychiatre et phénoménologue.

Il rencontre plus tard une jeune française de Lille passionnée par l’Orient et la pratique du yoga. Encouragé par Binswanger à étudier en Orient les phénomènes décrits dans les livres de yoga de la bibliothèque de sa femme, Caycédo part pendant deux ans, visitant l’Inde, le Tibet et le Japon. Il y rencontre des médecins mais surtout de grands mystiques, visite des ashrams indiens, séjourne chez les lamas tibétains, dans des monastères zen au Japon où il s’initie à la méditation.

C’est là qu’il découvre la corporalité et qu’il mesure toute la puissance des techniques orientales. Il crée alors une méthode occidentale de sophronisation, la relaxation dynamique qui comporte trois degrés successifs, inspirés chacun des méthodes qu’il a découvert en Orient : méthode inspirée du yoga pour le premier degré, du bouddhisme pour le second degré, du zen pour le troisième degré.

Caycédo adopte la méthode phénoménologique, l’approfondit et crée sa propre approche de la sophrologie, fondée sur :

  • le retour au phénomène
  • la suspension du jugement
  • la mise entre parenthèse du phénomène
  • l’étude de l’historicité et de la réalité du phénomène lui-même
  • la vérification systématique qui comprend la captation de l’universalité et l’expérimentation objective.

Cette nouvelle approche supprime les a-priori et toute l’ancienne terminologie pour réétudier le phénomène quel qu’il soit dans son essence.

Il s’agit donc d’une démarche nouvelle. La démarche phénoménologique est l’inverse de la scientifique. Son but est de créer le phénomène, de le vivre sans chercher d’explication scientifique de prime abord. On met le phénomène entre parenthèses, avec l’espoir que peu à peu, par répétition, il s’expliquera de lui-même.

La Sophrologie

la Sophrologie est une science qui étudie la conscience humaine et une méthodologie proposant des techniques pour son harmonisation.

A racines étymologiques du grec ancien, elle peut être traduit par :

SOS harmonie, PHREN conscience, Logia étude ;  étude de l’harmonie de la conscience ou encore science de la conscience.

Ses objectifs

  • l’étude scientifique de la conscience humaine
  • la pratique d’une philosophie humaniste et transcendante ainsi q’une discipline existentielle
  • l’emploi des méthodes scientifiques d’entraînement de la personnalité dans un but d’harmonie de la conscience.

la conscience

C’est, pour la sophrologie, la force qui intègre tous les éléments psycho-physiques de l’individu. Il n’y a pas de séparation entre le corps, l’ âme et l’ esprit. Elle considère l’être humain comme un tout indivisible.

La conscience est ce qui met en rapport l’homme avec l’environnement, le cosmos et avec son monde intérieur. La sophrologie aspire à contribuer à l’étude des phénomènes de la conscience.

Grâce à l’apprentissage et à la pratique des techniques sophrologiques, l’individu réussit à dynamiser sa conscience. Ceci est un grand pas vers sa réussite personnelle.

Elle divise la conscience en états et en niveaux. Les états désignent les aspects qualitatifs de la conscience, les niveaux les aspects quantitatifs.

On trouve donc trois états : ordinaire, pathologique et sophronique.

On définit trois niveaux : veille, sommeil, avec entre les deux le niveau sophro-liminal ou frontière entre la veille et le sommeil que chacun d’entre nous franchit au moment de l’ endormissement et du réveil et qu’ on peut appeler niveau paradoxal de vigilance.

Le niveau sophro-liminal est fondamental pour l’école sophrologique.

Toutes les techniques chercheront à renforcer et contrôler ce niveau intermédiaire. C’est là que se renforceront les structures positives de l’individu.

Les principes de base

les principes élaborés par Caycédo sont :

  • existentiellement, l’individu a trois possibilités : rester toute sa vie en conscience ordinaire, s’installer dans la conscience pathologique de façon transitoire ou définitive, conquérir la conscience sophronique.
  • le principe d’action positive : toute action positive sur n’importe quel élément de la conscience a une répercussion positive sur toute la conscience. De même qu’une action négative sur n’importe quel élément de la conscience a une répercussion négative sur toute la conscience. La sophrologie se limite, la plupart du temps et dans la plupart des cas, à l’activation du positif, évitant la mobilisation des structures négatives de l’individu.
  • lorsque le sophrologue reçoit sa formation, on insiste sur la nécessité de se rendre compte de l’état de sa propre conscience et de tenir compte de l’état de conscience de la personne ou du groupe qu’il entraîne : c’est le principe de réalité objective. Il est observé dans la pratique des techniques sophrologiques ( lorsque nous faisons une futurisation, il s’agit de rester dans la réalité objective et non de verser dans l’utopie ).
  • l’ alliance sophronique désigne la relation entre le sophrologue et le sujet. Le sophrologue est le moins directif possible, il explique et enseigne les méthodes que le sujet applique de sa propre initiative.
  • le principe de schéma corporel comme réalité vécue, désigne le fait que le schéma corporel s’intègre progressivement à la conscience renforçant les structures fondamentales de la conscience et augmentant son champ.
  • la loi de l’entraînement est basée sur le principe de la répétition du phénomène : « la répétition crée l’ habitude ». Comme il s’agit de phénomènes positifs, l’habitude sera positive. Grâce à un entraînement  tendant à activer, par la répétition, tout le positif contenu dans notre corps, nous parviendrons au sentiment agréable de le posséder. Cette loi est la base de notre discipline existentielle permettant la capitalisation du positif.
  • la loi de l’éthique sophrologique consiste au respect des fonctions biologiques de l’être humain . C’est dans la biologie humaine qu’est ancrée, enracinée la conscience, celle-ci étant à la base même de l’existence.

La définition la plus complète de la sophrologie peut être celle-ci :

la sophrologie est l’étude de tous les changements d’états de conscience de l’homme, obtenus par des moyens psychologiques, physiques ou chimiques; c’est l’étude de leurs possibilités d’application en thérapie, en prophylaxie et en pédagogie.

Les techniques thérapeutiques sont utilisées pour traiter les maladies fonctionnelles.

La prophylaxie enseigne des techniques de bien-être, de connaissance de soi et d’harmonisation de l’être.

La pédagogie couvre la préparation à la naissance, la préparation aux interventions chirurgicales et aux examens, tant médicaux que liés aux études, la préparation à la compétition sportive et à la fin de vie.